L'EAU OSMOSÉE.
Ses applications en aquariophilie. Comment
baisser le pH?
La raison d'être
de cette page est de répondre à la question que
se posent très souvent les aquariophiles au
sujet du pH de leur bac qui se trouve la plupart
du temps être trop élevé >6,5 pour maintenir ou
reproduire dans de bonnes conditions, des
poissons vivant en eau douce et acide, tels la
plupart des poissons amazoniens. En fait la
question qu'ils se posent est celle-ci:
je souhaite savoir comment je pourrais baisser
mon pH.
Cette question sous
entend, bien évidemment, une réponse exempte de danger ne
devant pas comporter le moindre stress ou traumatisme pour la population des aquariums.
Voyons quels sont les
besoins réels:
Certains poissons
pour se reproduire ou tout simplement pour être
maintenus dans de bonnes conditions, (qui limiteront les
maladies et rendront leurs couleurs plus éclatantes),
exigent une eau très douce et généralement acide, bien plus
douce et acide que celle qu'on trouve à la sortie de maints
robinets.
Elle devra être très réduite en sels minéraux, dont le
chlore sera absent, ainsi que les nitrates et phosphates,
les
métaux lourds, les polluants divers... liste hélas non
non exhaustive.
Si l'eau de conduite qui sort de votre
robinet présente une minéralisation élevée qui s'accompagne presque toujours d'un pH
élevé, c'est tout simplement parce qu'elle est bien souvent fortement chargée en
sels minéraux, particulièrement sels de calcium et de
magnésium.
Vous ne pourrez
faire baisser le pH d'une eau fortement minéralisée
qu'en diminuant au préalable cette quantité de sels
minéraux qu'elle contient, et non en ajoutant certains
produits acidifiants, à moins d'en ajouter des
quantités hors de proportion et dangereuses
puisque déjà risquées à faibles doses.
En effet le calcium
joue le rôle de "tampon" c'est-à-dire qu'il
interdit aux caractéristiques chimiques de cette eau de
changer sous une légère influence acide par exemple
d'acides humiques faibles, contenus dans la tourbe, les
feuilles de chêne où les graines et l'écorce de certains
arbres, etc.. C'est la raison pour laquelle maints
aquariophiles sont bien souvent aussi surpris que perplexes: On leur a dit
(sans
autre précision) que la tourbe faisait baisser le pH de
l'eau, ils ont essayé mais ça ne marche pas!!!
En effet on
a omis de préciser à condition que le KH/TAC/dureté
carbonatée ( carbonates de calcium et magnésium)
soient en dessous d'un certain seuil pour obtenir un
résultat significatif.
Éliminons donc sans regret la
solution constituant à employer les produits chimiques
(vendus pour la plupart dans le commerce aquariophile sous
des appellations rassurantes) qui, s'ils sont capables de
résultats positifs en ce qui concerne la baisse brute du pH
proprement dite, sont à utiliser avec de grandes précautions
car ceux qui sont "efficaces" utilisent
des acides forts, préjudiciables à la population,
on peut même déplacer la virgule pour s'amuser un peu c'est
pareil:
des acides, fort
préjudiciables à la population.
Avec ces produits, on génère des eaux certes possédant un pH en
dessous de 7, c'est à dire chimiquement acides mais on
fabrique surtout des eaux restant "dures"
(KH/Tac élevé) malgré leur acidité.
Ce
"genre" d'eau est artificiel, instable dans nos bacs et exige des
opérations et surveillance plus à la portée d'un laboratoire
de chimie que d'un aquariophile moyen.
Nous ne considérons pas les poissons comme un terrain
d'expérimentation mercantile et préférons de loin les
méthodes sans danger, que la nature met à notre disposition
et qui permettent d'éviter l'utilisation de produits
chimiques, dont il est très difficile de bien mesurer et
maîtriser toutes les conséquences, pour la population de nos
bacs. Ces conséquences sont d'autant plus préoccupantes que
bien souvent elles passent inaperçues tout en pouvant
produire des effets à retardement
semblant inexplicables...allant parfois jusqu'au désastre.
I M P O
R T A N T :
Pour parvenir à faire
baisser le pHsans le moindre risque, il est
nécessaire
d'abord, de couper par mélange plus ou
moins important l'eau chargée en sels minéraux dont on
dispose au robinet, avec une eau n'en comportant pas (ou
très peu), de façon à descendre son TAC/KH en dessous
de 5/6. Cela peut être de l'eau osmosée ou de l'eau bi-permutée
ou même de l'eau distillée. Ensuite, et seulement ensuite,
la tourbe , les feuilles de chêne, les fruits
d'aulne auront une action efficace pour faire
descendre le pH.
Le dioxyde de
carbone (CO2) possède lui aussi cette
vertu mais son utilisation est bien plus
complexe qu'il n'y paraît et présente des
risques certains quand elle mal maîtrisée.
L'acide
humique est un "composé" naturel dont l'action tend à
acidifier les eaux très douces.
En Amérique du Sud,
l'Amazonie, gigantesque région forestière subit des pluies torrentielles
à intervalles réguliers.
Contrairement à nos régions, les arbres qui peuplent les
forêts amazoniennes perdent leurs feuilles régulièrement
toute l'année et régulièrement toute l'année il s'en forme
de nouvelles.
Il n'y a quasiment pas de saison où les
arbres ne perdent pas de feuilles de même qu'il n'y a pas de
saison où ils les perdent toutes, comme dans nos contrées.
Ces feuilles se dégradent en permanence en produisant
en continu de l'acide humique qui acidifie l'eau de pluie ruissellant sur ces feuilles qui
pourrissent sur le sol et se retrouve dans les rus et petits cours
d'eau où il y a également quantité de feuilles en
décomposition. Ce "mécanisme" d'acidification
naturelle ne peut avoir
lieu qu' en présence d'une eau très douce telle l'eau de
pluie qui tombe du ciel puisque
totalement exempte de sels minéraux comme on le sait.
Elle est exactement à l'opposé de votre eau du robinet qui, elle, a ruisselé et traversé
bien souvent des régions calcaires se chargeant en
sels minéraux avant de rejoindre les
nappes profondes ou la nappe phréatique
et certains cours d'eau d'où elle peut provenir.
Si l'on excepte
l'eau distillée dont le prix est hors de portée de
l'aquariophile du moins pour les quantités qui nous
concernent, l'eau bi-permutée Cati/ani capable de
produire une eau déminéralisée correcte, mais d'emploi
malaisé (voire dangereux pour le néophyte) surtout en ce qui
concerne la régénération des résines échangeuses d'ions. L'eau de pluie
qui pourrait être une solution si on était certain qu'elle n'est
pas polluée (bien malin qui peut dire si les nuages n'ont
pas traversé certaines zones de pollution intense), je
préfère ne pas courir ce risque.
Si certaines eaux en
bouteilles possèdent des caractéristiques pouvant parfois
convenir, ce n'est valable que pour une quantité utilisée
très réduite, dès que le besoin dépasse quelques litres il y
a avantage à se procurer de l'eau osmosée dans la plupart
des magasins d'aquariophilie qui en disposent et la
commercialisent. Il n'existe pas de
solution "satisfaisante" autre que celle de l'osmose inverse
pour la produire c'est ce dont nous allons parler ici.
La technique que nous évoquons met en application une
propriété physiologique
naturelle de certaines "membranes" soumises à une force que
l'on appelle pression osmotique.
La "qualité" de l'eau provenant d'un osmoseur (on
devrait dire osmoseur inverse) correctement réglé, (ce qui
est loin d'être toujours le cas) est proche de la perfection
en ce qui concerne l'aquariophilie, elle est totalement
déminéralisée et pratiquement exempte de germes pathogènes.
L'inconvénient majeur de ce système est une perte d'eau très
importante dans des conditions moyennes de températures et
de pression de distribution par le réseau. Pour un litre
d'eau pure, on rejette quatre à cinq litres d'eau impropre à
l'égout, voire davantage avec certains réglages d'usine. Il
existe des solutions permettant d'améliorer le débit et
réduire quelque peu la quantité d'eau perdue, mais ce n'est
quasiment pas à notre portée et fort probablement au
détriment de la durée de vie de la membrane de l'osmoseur
qui est la partie fragile et coûteuse de cet appareil.
Sur le plan écologique le résultat est quelque peu décevant : On arrive
(l'été) à utiliser l'eau de déchet pour l'arrosage
de son jardin ou le lavage de la voiture (quand c'est
permis... Vive les soit disant mesures écologiques qui
obligent en cas de sécheresse à mettre directement à
l'égout cette eau de rejet qui pourrait pourtant être
utilisée) mais l'hiver
l'utilisation devient de toute façon préoccupante: Cette
eau est perdue
à moins de pouvoir la stocker ce qui représente parfois des
quantités vraiment énormes... et bien entendu, pour ne rien
arranger cette eau vous est facturée par votre compagnie des eaux.
Comment cette eau est
elle produite? Voyons d'abord ce qu'est:
L'osmose...
L'osmose est une propriété physiologique qui permet à deux
substances de
concentrations différentes séparées par une membrane
semi-perméable de laisser passer des "solvants" (l'eau
entre autres, qui en est un remarquable!), à travers celle-ci
vers l'autre plus concentrée, mais ne permettant pas le passage
des
substances dissoutes.
C'est la solution non concentrée (c'est à dire l'eau pure), qui est "attirée" vers l'autre solution la plus concentrée pour
diluer en quelque sorte cette solution concentrée jusqu'à un point
d'équilibre entre les deux solutions.
Ce phénomène est d'une
importance extrême dans les cellules de nos plantes aquatiques,
de nos poissons et dans celles des organismes humains aussi,
bien entendu.
Une explication
simple pour ne pas dire simpliste, pourrait présenter l'osmose
comme le phénomène qui permet au solvant d'une solution peu concentrée
de traverser une membrane semi-perméable vers une solution plus concentrée.
...et
l'osmose esrevni
Si on comprime la solution concentrée,
il arrive un moment où le flux
habituellement transféré par osmose va se tarir:
Si on dépasse la valeur de ce que l'on nomme la
pression osmotique, on
crée un flux d'eau qui se dirige en
sens inverse
du flux osmotique habituel, voila, nous y sommes:c'est
l'osmose inverse.
Le principe de l'osmose inverse permet de
produire de l'eau on ne peut plus douce, presque aussi douce que
de l'eau distillée, exempte de presque tous les minéraux et
bactéries.
L'eau osmosée et le pH
Maintenant, vous allez voir en quoi l'osmose concerne
doublement nos
poissons!
Tous les êtres vivants, (animaux et végétaux), sont
constitués de cellules. De celles-ci dépend la
persistance de la vie. Ce sont, des "espaces" remplis
d'une solution aqueuse contenant pléthore de substances
chimiques, ces espaces sont délimités par une
membrane complexe et fragile. Ces cellules pour remplir
correctement leur rôle doivent grâce et à travers leur
membrane échanger, permuter, extraire et s'approprier en
permanence à partir du milieu dans lequel elle baignent, différentes substances vitales.
Voir un développement plus explicite
ici.
Voici un osmoseur "sédentaire" pourrait-on dire
puisqu'il est installé à demeure. Le dernier "récipient" tout à
droite ( est le premier filtre du circuit) Il ne
fait pas partie habituellement du système d'osmose inverse. En
fait c'est un pré filtre supplémentaire que j'ai placé
préventivement pour protéger la membrane, quand il y à des
purges et des interventions sur le réseau que les membranes
d'osmoseur n'apprécient guère.
Le système d'osmose inverse est constitué par les
"contenants" blancs, comprenant deux filtres (blancs et
inscriptions bleues), dont un à charbon et le compartiment
osmose inverse proprement dit (le plus grand et entièrement
blanc) qui contient la membrane qui fonctionne en osmose
inverse grâce à la pression du réseau de fourniture d'eau.
Voici les constituants d'un (vieil) osmoseur:
Le fait que cet osmoseur soit monté fixe
présente bien des avantages, il n'y a pas besoin de le brancher
au réseau d'eau, avant de s'en servir, de plus, quand il est
fixe, on peut lui adjoindre facilement une électro-vanne,
commandée par une minuterie ou même un capteur permettant de mettre en marche et
d'arrêter son fonctionnement,que l'on peut entièrement
automatiser, évitant tout débordement des
récipients de stockage et simplifiant bien son utilisation.
La pièce maîtresse: la membrane on la voit mal
car elle se trouve sous "le grillage". Dans l'encart gauche elle
est encore (enroulée) dans le corps de l'osmoseur
Le premier filtre de protection physique de
cette membrane il s'agit d'une sorte de feutre synthétique.
Ensuite vient le filtre à charbon éliminant le
chlore contenu dans l'eau et en même temps protégeant la
membrane de ses effets nocifs pour celle-ci.
Voici maintenant un autre osmoseur:
C'est presque le jumeau du premier, la différence avec celui ci-dessus
est le débit moins important, mais on ne peut le voir sur une
photo, par contre on peut remarquer l'absence de molette de
réglage sur ce deuxième ce qui est assez courant car ce réglage
est quasi impossible si on ne possède pas de conductimètre
(appareil permettant de mesure la conductivité et par
"simplification" donnant une indication sur sa minéralisation,
donc de la qualité (plus ou moins minéralisée) de l'eau osmosée.
Celui-ci se trouve dans une position moins "rationnelle",
mais la plus souvent assez fréquemment rencontrée pour cause de simplicité.
Cet osmoseur est voyageur ou si vous préférez
mobile. Cela présente une solution pour ceux qui manquent de
place. On peut le placer ou le stocker facilement dans le meuble
supportant l'aquarium et le déplacer ailleurs sans problème, le temps de
l'utilisation à proximité d'un évier ou baignoire avec arrivée
d'eau et accès à l'évacuation, ce qui évite toute intervention
de plomberie, bien souvent obligatoire quand il est monté fixe.
L'osmoseur produisant de l'eau parfaitement douce, on comprend
facilement qu'il soit utilisé en aquariophilie. C'est une
évidence. Toutefois cette utilisation requiert un minimum de
savoir faire et de connaissances de la chimie de l'eau que le
débutant ne possède pas encore et qu'il devra obligatoirement
acquérir avant de commencer à tenter de modifier les
caractéristiques de l'eau que livre à domicile la compagnie des
eaux de sa région.
Nous ne sommes pas tous égaux en ce qui concerne les caractéristiques
chimiques de l'eau qui coule de nos robinets. Elles sont fort
disparates et bien souvent dures et pour la plupart plutôt chargées en nitrates. Malgré cela je
déconseille formellement au tout débutant d'essayer de
"bricoler" son
eau, c'est loin d'être anodin.
Quand a baisser le pH originel, comme on ne peut
le faire sans risque, sans ajouter une eau
"douce" en quantité suffisante, il vaut mieux y
renoncer tant que les connaissances que l'on
possède au sujet de l'eau sont insuffisantes et
que l'on ne sait pas trop ce que l'on fait.
Il vaut mieux
bien mieux (dans un premier temps),
choisir une population de poissons qui
vivent dans la nature dans une eau
présentant les mêmes caractéristiques que celle
qui sort de notre robinet, plutôt que d'essayer
d'adapter l'eau qu'on possède aux besoins du
poisson ou pire d'essayer "d'acclimater" le
poisson à une qualité d'eau qui ne lui
conviendra jamais.
La
seule
utilisation de l'eau osmosée
ou d'eau de source très peu minéralisée étant
utile et nécessaire pour un débutant ou plus
exactement pour ses poissons est celle qui
permettra de
remplacer l'eau du bac qui s'est évaporée.
En effet seule l'eau pure s'évapore, les sels
minéraux restent dans le bac augmentant leur
concentration au fur et à mesure de
l'évaporation. Si on remplaçait l'eau qui
s'est évaporée par une eau dure, peu à peu, la dureté de
l'eau du bac augmenterait à chaque remise à
niveau.
Avant chaque
changement d'eau on observe le niveau du
bac, on fait le changement d'eau, avec l'eau
habituelle jusqu'au même niveau et on compense
avec de l'eau non minéralisée comme dit
ci-dessus. Naturellement si un appoint est
nécessaire avant le changement d'eau, ce qui
devrait être assez rare si vous n'avez pas un
bac ouvert et si vous faites les changements
d'eau aussi souvent qu'il se doit (toutes les
semaines), vous ne devriez pas avoir besoin d'en
mettre entre chaque changement, mais seulement
au moment du changement.
L'argument souvent entendu dans la plupart des jardineries et
chez quelques commerçants, celui qui consiste à dire que tous les poissons sont maintenus dans l'eau du
robinet même si celle-ci ne leur convient pas, est un argument
fallacieux et bien entendu sans valeur: Il y a une notion de rentabilité et c'est pour une
courte durée chez le marchand.
Dans nos bacs la notion
de rentabilité est sans objet et la maintenance se conçoit pour
une durée infiniment plus longue, enfin on peut être
légitimement en droit de
l'espérer! Alors assurez à vos poissons une maintenance
convenable, vous n'aurez qu'à vous en féliciter. L'absence de
maladies, les somptueuses couleurs et les reproductions seront
vos premières récompenses.