Et bien, contrairement au titre équivoque, je ne vous parlerai pas des poissons,
mais de la lumière produite par les tubes fluorescents ou luminescents!

En aquariophilie on utilise couramment ce que beaucoup appellent (à tort) des "néons" comme substitut à la lumière naturelle pour l'éclairage des aquariums. Celle-ci n'étant pas très pratique à domestiquer à l'intérieur des pièces d'habitation. Cette dénomination abusive est sujette à confusion dans les forums, puisque le néon est aussi le nom commun d'un fort joli poisson aux couleurs particulièrement lumineuses (ci-dessous): 

Paracheirodon innesi est son vrai nom, mais il est très souvent appelé "néon"  par analogie  justement avec la luminosité particulière de sa "robe", rappelant quelque peu  la lumière électrique quasi universellement utilisée dans les enseignes publicitaires multicolores. L'autre faux "néon", dont il est question ici, est en fait la  lampe ou plus exactement le tube fluorescent ou luminescent, dont c'est la véritable appellation.

 

Comment ça marche?

Voici donc un tube fluorescent ou tube luminescent et non pas un néon. Il est constitué d'un tube de verre contenant un mélange de gaz rare (rarement du néon!) mais bien souvent de l'argon et d'une très faible quantité de mercure.

Pour le faire fonctionner correctement, contrairement aux ampoules à incandescences, il ne suffit pas (et il ne faut pas!) le "brancher" directement sur la source de courant 220 volts habituelle. En effet cette lampe particulière exige l'aide, c'est à dire l'utilisation de certains "accessoires" pour devenir productrice de lumière.

Quels sont-ils?
Avec tous les tubes fluorescents il est obligatoire d'utiliser un ballast. Ci-dessous un ballast (électromagnétique), toujours accompagné de son  indispensable starter. Sauf s'il s'agit d'un ballast électronique dont le starter est intégré dans l'électronique du "ballast" électronique.

                                 Ballast classique électromagnétique

+
         Starter


Module électronique destiné à remplacer à brève échéance le ballast et starter classique.


Comment la lumière est-elle produite par cet ensemble tube fluorescent, ballast, starter?

C'est un peu plus compliqué que pour la simple lampe à incandescence pour laquelle il suffit (pour résumer) de chauffer à haute température un filament de tungstène en l'alimentant avec le secteur 220volts, pour que cela produise de la lumière.
Voyons comment cela se passe pour les lampes à décharge à vapeur de mercure basse pression,-ce que sont les lampes ou tubes fluorescents- qui sont également des lampes ou tubes luminescents appelation également correcte, rappelons-le.
La mise sous tension de l'ensemble ballast ferromagnétique starter, produit une surtension permettant l'amorçage du tube et limite ensuite l'intensité de l'arc lorsque le tube est amorcé.

 L'allumage d'un tube fluorescent peut se décomposer en deux temps:

  1- Durant le premier temps, l'alimentation en 220 volts provoque grâce à l'ensemble ballast/starter une décharge électrique élevée dans un tube qui contient un gaz (en général de l'argon) et une très faible quantité de mercure. Cette décharge déclenche alors l'ionisation du gaz, qui produit la vaporisation du mercure. C'est l'amorçage du tube.

  2- Durant le deuxième temps,  les électrons libérés grâce au cycle précédent entrent en collision avec les atomes de mercure, chaque collision libère des photons, qui produisent des rayons  ultraviolets. L'énergie de ces rayons ultraviolets invisible est transformée à l'intérieur du tube de verre au contact d'un mince revêtement de poudre fluorescente (composés phosphorés) déposé sur les parois, en lumière visible, celle qui nous éclaire.


 

À gauche, ci-dessous, vue d'une électrode (normalement invisible, on a simulé la transparence du tube). 
À droite, un peu de poudre luminescente (sels minéraux) produisant la lumière visible sous rayonnement ultraviolet, extraite du tube.
 
 

Le starter:

Il joue joue un rôle capital. Raison pour laquelle il est important de s'assurer qu'il est en mesure de le faire, en le remplaçant à chaque changement de tube.
Le starter comme on peut le voir ci-dessous, est constitué d'un bilame enfermé dans un petit tube rempli de gaz,
Quand on met sous tension l'ensemble, tube ballast, starter, il s'amorce.
L'arc électrique produit par l'ionisation du gaz dans le petit tube  préchauffe le bilame qui se déforme: le contact se ferme et l'arc électrique disparaît.
La luminosité de cet arc électrique est souvent perceptible  à travers le capuchon du starter plus ou moins translucide le protégeant, si le regard se porte vers celui-ci, quand le tube se trouve dans la pénombre. Vous avez du le remarquer parfois, sans y prêter une attention particulière.

 
 


Ce cycle permet le préchauffage des électrodes du tube.
Au bout d'une seconde environ, le bilame s'étant suffisamment refroidi ses contact s'ouvrent, coupant ainsi le courant dans le circuit.
Le ballast magnétique à cause de l'effet "selfique" produit une surtension à cause de la coupure qui amorce le tube fluorescent. Celui-ci s'allume (assez rare dès la première tentative).
Dans le cas (fréquent) où le tube ne s'allume pas (pas assez chaud) à cette première tentative, le starter retrouve les conditions d'allumage et recommence  un amorçage. Le tube fluorescent ayant chauffé lors de la tentative précédente, il est davantage susceptible de s'allumer. Plus les séquences sont nombreuses, plus le tube fluorescent chauffe. C'est ainsi qu'il finit par s'allumer et que le starter devient inopérant car la tension aux bornes du tube diminue alors grâce au ballast qui la limite et rend  impossible l'amorçage du starter jusqu'à la prochaine mise sous tension lorsque l'on manipulera le commutateur de mise en route.

Vidéo du cycle d'allumage au ralenti: cliquez ici

   


Le starter de conception simple au départ, est devenu au fil des années, suivant l'imagination et l'ingéniosité des concepteurs un composant relativement complexe destiner à augmenter la durée de vie des tubes fluorescents (plus 20% de longévité annoncé).
En voici un bon exemple, tel ce starter à réarmement. Je me suis toujours demandé quel intérêt peut bien avoir un fabricant à vendre un accessoire destiné à augmenter la durée de vie d'un autre de ses produits qui se vendra donc moins (puisque renouvellement moins fréquent), Vous connaissez la réponse? En êtes vous bien sûr?

 

Où sont nos starters?

Ne cherchez plus les starters de vos tubes fluorescents, vous les trouverez toujours dans ces endroits:
       Dans les réglettes normales,                                        Dans les réglettes pour aquariophilie



protégé ou non par un cache.



Ou bien parfois incorporé au boîtier contenant le ballast, le tout séparé du tube fluorescent dont le contact électrique est établi par l'intermédiaire d'une liaison dite par des fils "volants" et douilles étanches, les protégeant de l'humidité

 

ATTENTION DANGER
N'utilisez jamais un tube de cette nature en aquariophilie. La production d'ultra violets est fort nocive pour les yeux et les dommages sont irréversibles!

 

ATTENTION  DANGER  potentiel (?) pour vos plantes!

Il est déconseillé d'utiliser un tube fluorescent en aquariophilie en dehors

des limites  théoriques de sa durée de vie.
 

 D'aucuns conseillent même de les changer au bout de 6 mois pour certains tubes... Il semble que le spectre  soit considéré comme usé, avant que le tube rende l'âme, bien qu'il éclaire encore d'une façon (apparemment?) satisfaisante il varie notablement! C'est possible, probable même.  Et Alors? qui vous dit et surtout qui vous prouve qu'il ne convient pas mieux au contraire à vos plantes?

 Si je donne dans ce que certains vont considérer comme subversif, c'est pour mieux mettre en évidence le fait que la lumière artificielle est bien éloignée de la lumière du soleil qui elle, -et c'est de notoriété publique dans le monde aquariophile-, ne convient pas à nos plantes d'aquarium, dans le contexte où elles se trouvent.

 

 Question: Comment alors se fait-il que certains aquariophiles utilisent des tubes de "récupération" pour l'éclairage de leur bacs avec un succès à rendre fou le fabricant du meilleur tube aquariophile? Pour rendre la chose encore plus corsée, en général, ces aquariophiles là ne changent de tube qu'au fur et à mesure où ceux-ci s'éteignent définitivement, morts d'épuisement.

 Vous ne connaissez pas ce type d'aquariophiles? Alors vous ne connaissez pas grand monde!!! Dans mon environnement immédiat, je connais au moins quatre personnes (quatre foyers ne se connaissant pas) non aquariophiles (au sens ou on l'entend habituellement) qui pratiquent de cette façon avec un succès total et leurs plantes se portent à merveille!!! j'ai même connu autrefois un original qui faisait pousser des Élodées (Égéria densa) dans l'aquarium d'un de ses enfants sans aucune lumière autre que la lumière naturelle de la pièce. Il n'y avait pas LA MOINDRE algue!!!

 Ce personnage (un peu décalé pour certains sans doute), ne voulait pas que ses jeunes enfants puissent être en contact éventuel avec l' électricité. Pour éliminer totalement le risque, il avait éliminé aussi le chauffage  dans ce bac qui comportait bien entendu une population adaptée. Vous le connaissez un peu vous aussi, (cherchez bien!)...

Je vous raconte ces histoires (qui sont pourtant la stricte vérité) dans le but de vous persuader que les spectres, indices de couleur (IRC), PAR, spectre et compagnie ne sont pas (ne devraient pas être) des éléments déterminants pour le choix de votre éclairage mais des éléments facilitant ce choix. Et pour tout étayer, (seuls les spécialistes sauront décrypter ce que j'évoque ci-après, croyez vous que le soleil qui éclaire les plantes dans la nature papillote?

Attendez, il me vient une autre remarque tout aussi subversive (enfin, c'est vous qui en jugerez)! Voilà, j'ai dit, écrit plutôt, comme titre de ce paragraphe, qu'il était déconseillé d'utiliser un tube fluorescent en dehors des limites THÉORIQUES de sa durée de vie.

En effet d'après certains fabricants, après une période parfois estimée à seulement la moitié de sa durée de vie (estimée elle aussi), ces tubes fluorescents ne seraient plus efficaces pour éclairer correctement les plantes et pire même, ils seraient devenus générateurs d'apparition d'algues! Bon, admettons.

Dans le même temps, la fluorescence ayant fait d'immenses progrès (d'après leurs dires), il savent mieux que nous, puisque ce sont eux qui en sont à l'origine!!! ils produisent maintenant des tubes dont la durée de vie, allez, soyons modestes à leur place à (au moins) doublé. Bon admettons.

 

Mon approche subversive donc, pour rire  (dictée par une méfiance extrême, encore exacerbée par la propagande machiavélique générée par l'appât du gain de ceux qui la font) a tendance à raisonner d'une façon inverse non pas parce que je n'en retire pas de dividendes, mais parce que j'ai une tendance naturelle et particulièrement tenace à ne pas apprécier que l'on me fasse ouvrir mon porte feuille pour échanger mes espèces sonnantes et trébuchantes contre des coquecigrues.

 

Ce n'est bien entendu qu'un raisonnement imaginaire, celui d'un cerveau tourmenté par les chimères affligeantes de la suspicion fort probablement maladive.

Malgré cela, je vous livre ce cheminement (entièrement virtuel pour être en phase avec le politiquement correct) à l'état brut pour en faire ce que bon vous semble: Vous pouvez même y réfléchir si cela vous chante, j'abandonne mes droits d'auteur sans réticence, à condition qu'on extirpe pas ma légitime inquiétude de ces lumineuses réflexions.

Bon, j'en viens aux faits (virtuels ne l'oublions pas!).

Supposons, contrairement aux affirmations tant de fois entendues, que les tubes fluorescents soient suffisamment efficaces tout au long de leur cycle d'éclairage ou presque, dans ce cas, on double facilement leur durée réelle d'utilisation.

Supposons que les fabricants n'aient rien amélioré du tout ou pas grand chose avec les poudres luminescentes, (même à trois bandes ou tri-phosphore) mais annoncent de but en blanc que la durée réelle d'utilisation de leurs tubes a doublé voire triplé (non pas grâce à de nouvelles technologies mais plutôt suivant leur aptitude exponentielle à manier les artifices de la communication... oh les coquins!

Que se passerait-il. Et bien les naïfs aquariophiles que nous sommes, endormis, toujours empêtrés dans nos algues, nos Lux, nos Lumens, et nos vilains nitrates n'aurons pas les connaissances et par voie de conséquence l'audace pour mettre en doute ces affirmations inexpugnables, propulsées par les canons à électrons de la télévision et autre dans les recoins les plus intimes des nos neurones et consolidées par toutes sortes de publicités chaque jour plus perforatrices. Nous n'aurions même pas la volonté d'y songer, tant cela bousculerait les choses si bien (mal) établies.

J'oserais même allègrement supputer qu'une augmentation conséquente du tarif de ces tubes ne ferait qu'accroître leur crédibilité.  Un "new packaging" pourrait renforcer fort à propos cette impression de nouveauté.

Si on ajoutait une diminution du diamètre du tube, l'arrivée disons fortuite mais simultanée d'un merveilleux ballast électronique (devenu soudain indispensable mais dont la technologie opérationnelle existe depuis des dizaines de lustres), on couronnerait le tout en déclarant diminuer la pollution: Et bien on ne serait vraiment pas loin d'un avènement exceptionnel, à quelques encablures à peine de la naissance d'une révolution technologique!!!

Comment voulez que les aquariophiles, pas mêmes équipés d'un malheureux luxmètre puissent contester cet "immense progrès révolutionnaire"... On nous imposerait l'obscurantisme, de la lumière... Comme dit César mon perroquet on nous prendrait pour des c...!


 

Les tubes fluorescents s'usent, c'est une évidence qui peut se constater même tube éteint!

Voici tous les diamètres actuels des tubes fluorescents et un échantillonnage de différents starters

Et de formes...


Voici ci-dessous, quelques lampes que l'on nomme de nos jours à "économie d'énergie". Elles ne le sont que par rapport aux lampes à incandescence classiques.
Elles se substituent lentement aux lampes à incandescence, ce qui peut se comprendre car il leur faut pour certaines plus de quelques minutes afin de produire l'intensité lumineuse dont elles sont capables. Cet inconvénient leur ferme les portes à mon avis des endroits ou l'on entre et sort fréquemment en ne ne séjournant que quelques instants.
Ce ne sont que des tubes fluorescents pliés munis d'un ballast électronique dont la qualité semble médiocre parfois, dans les productions d'origine asiatiques... mais quelles sont celles ne l'étant pas?.

À gauche un exemplaire de ces "nouvelles" lampes fluorescentes.

À droite, voici leur ancêtre (d'une vingtaine d'années). ces lampes étaient était munie d'un ballast classique électromagnétique. Présentées -bien entendu- comme révolutionnaire et proposées à un tarif dissuadant tout acheteur réfléchissant quelque peu, ce ne fût pas vraiment le succès escompté!

On voit assez bien une partie du ballast électromagnétique. Quand le tube lui-même était hors d'usage, hop, on  jetait ce tube et le ballast électromagnétique avec celui-ci, contrairement aux tubes fluorescents classiques le ballast faisant partie indivisible de la lampe. Si l'on excepté la compacité, il n'y avait pas le moindre progrès accompli!

Maintenant, les choses ont évolué, quand le tube est usé, hop, on jette le tube seulement et on le remplace? non, non, non, on jette le tube et le ballast, on le recycle... alors qu'il suffirait de le munir d'une fiche femelle et le tube d'une fiche mâle pour qu'il puisse re-servir sans autre forme de procès de nombreuses fois encore ... Trop simple et trop écologique sans doute. De qui se moque-t-on?

Sinon, ça fonctionnait correctement...

On se demande pourquoi les ballasts électroniques on été si longtemps inutilisés dans cette application alors qu'il étaient déjà utilisés ailleurs et qu'il a fallu attendre un temps considérable pour que ces lampes deviennent  bien plus crédibles de nos jours pour certaine applications. Pour l'éclairage des aquariums, ce n'est pas encore la panacée...

Et si ce modèle de lampe nous est totalement interdit, faute de place disponible dans nos galeries...


 

les bricoleurs sérieux ne manqueront pas de tirer grand profit de ces ballasts électroniques... Ayant au moins un avantage: c'est celui de chauffer modérément. J'ai déjà indiqué cette possibilité (Voir ici) mais j'y reviendrai d'une façon encore plus attrayante dans un proche avenir...

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Je vous convie maintenant à un petit moment de détente: Essayez de deviner ce qu'est ceci:

Vous avez trouvé? C'est l'emplacement d'un ballast (dans une galerie mal conçue, car mal ventilée). En effet c'est le dessous de la galerie, la partie juste au dessus de l'eau... Hum... Voici le bac (ci-dessous) d'ou elle provient. si vous possédez le même, une petite vérification s'impose d'autant qu'à la longue la galerie perd son étanchéité ce qui permet à l'eau du bac qui s' évapore, de s'introduire dans la partie électrique en principe étanche et d'accélérer le processus de destruction de l'ensemble. Le renflement en relief (vu à l'envers ici par rapport à sa position sur le bac) se trouve être produit par la chaleur du ballast qui a commencé à ramollir sérieusement le plastique lui servant de support.

Après avoir procédé à la découpe pour mieux se rendre compte, (le ballast fonctionnait encore dans cet état-là!!), j'avoue avoir été surpris...  

Bien que le tout avec un ballast neuf fonctionnât également, la charmante propriétaire de ce matériel quelque peu fatigué étant également propriétaire de deux jeunes enfants, a sagement décidé de changer de galerie. Voyez ci-dessous (flèche jaune), l'état de délabrement extrême du ballast qui fonctionnait encore!!!  Naturellement, tout ceci est réel et sans le moindre trucage et ce petit interlude de fin d'article n'a d'autre but que de vous indiquer qu'un ballast ça chauffe et ça chauffe même très fort. Alors gare aux galeries fermées sans aération!


 

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